Sur la voie du Mont-Blanc Express

2010.03.15 Du plaisir pur ... enfin !

Voilà, à ce jour, 3 mois que j'ai pris pour la première fois le manche des trains du Mont-Blanc Express à mon compte.
Un trimestre c'est court, mais cette période aura été longue, tant pas la dureté des conditions de conduite que par l'adaptation progressive à la ligne, aux engins et aux nombreux aléas propre au matériel roulant et à l'exploitation.

A peine formée, la deuxième cession de nouveaux conducteurs aura été "plongée" toute crue dans le bain bouillant des forts trafics d'hiver pendant lesquels la météo aura su rappeler à maintes reprises pourquoi on parle de "Vallée Blanche".
Certes, d'après les anciens, la ligne a vécu pire et le cumul de neige entre la fin décembre et la fin février aura été assez faible, pas plus de 1,30 m à Montroc alors que j'ai mois-même souvenir d'avoir vu des murs de 2,50 à Argentière juste en-dessous, en 1999, triste année au demeurant.

Voilà donc à peu près terminé - la neige aura bien encore un peu mot à dire vers 1100 m en mars - cette période faste en montées d'adrénaline.
Avec le retour de conditions météo clémentes, les anomalies techniques diverses inhérentes au froids et à la neige ont globalement cessée.

Fin février, une averses de neige lourde et mouillée a surpris tout le monde en-dessous de 1200 m, obligeant à une sortie d'urgence du CN4 et perturbant quelque peu l'exploitation en début de matinée.
Mais depuis, seul le froids est resté en place sur toute la région, exit les nuages et les précipitations neigeuses et même pluvieuses.
Mieux encore, alors que, paradoxalement, le sud de Rhône-Alpes puis dans la foulée toute une bonne moitié Sud-Est et Sud-Ouest et Ouest de la France était en proie à de fortes chutes de neiges, le Mont-Blanc Express avait déjà pris ses quartiers de printemps.

Un beau temps quasi permanent a baigné et baigne encore, au jour de l'écriture de cet article, toute la vallée de Chamonix et ses environs.
Jusqu'à maintenant, un froids relatif et bien dégradé accompagne nos journées de conduite. Le soleil a largement nettoyé la neige en plaine du Fayet, mais dès les Montées Péllissier, une couche persiste et quelques cascades de glace qui avaient presque disparue sont à nouveau visibles. La couche blanche est bien moindre mais agrément encore le paysage sur 2/3 du parcours. Dès les Tines, le soleil n'a que très peu d'effet sur la neige, sauf celui de la sublimer et de lui donner cet aspect ciré et reluisant telle de la crème glacée.
A présent, ont peu distinguer à l'oeil nu les remontées mécaniques, les grandes pistes d'altitude et tous ces amateurs de glisse qui les dévalent et que l'on retrouve à un moment où à un autre à bord de nos trains pour aller ou venir, parfois transiter entre chaque site skiable desservi par le train .... "la plus confortable des remontées mécaniques de la vallée !"

Aussi, depuis le début mars, mes appréhensions quand aux éventuelles interventions en cas de soucis techniques ou autres m'ont majoritairement quitté. Me voilà enfin plus enclin à profiter plus amplement de ce paysage magnifique qui offre chaque jour des visages différents selon les heures.

Chaque passage donne l'occasion d'avoir une vue différente de tel ou tel panorama; chaque fois la lumière est différente. Les contrastes entre le bleu du ciel et la blancheur éclatante du massif du Mont-Blanc varient selon les heures.

Et à présent, peu à peu, sans pour autant baisser de vigilance et de concentration, je peu dire que j'éprouve enfin du plaisir à conduire, ce fameux plaisir réfréné jusqu'à présent, à rouler à travers ces paysages incroyables, à conduire un trains comme je l'ai toujours rêver en fait !!!

Et enfin j'éprouve sans retenue cette fierté propre à l'aboutissement d'un but, l'avènement du rêve d'une vie, même si je sais pertinemment que beaucoup de sensations, de "savoir-faire" ou de perfections sont encore à  acquérir.
Aujourd'hui, cette sensation de "plaisir" est nette. Et finalement cet hiver éprouvant, même si c'est relatif pour les anciens, aura été une période supplémentaire de formation, sur le tas, sur le terrain dans des conditions de loin amplement plus sensibles que celle dans lesquelles l'exploitation se déroule depuis la fin des vacances.

Le calme est revenu et pour nous le temps d'apprendre à présent à rouler bien plus zen, loin des tumultes des fortes affluences et des retards à rattraper ... le plaisir des yeux n'en est que plus appréciable, autant pour les voyageurs que pour nos mirettes de conducteurs; Nous qui sommes aux premières loges de ce spectacle permanent qu'est le décore sublime traversé par le Mont Blanc Express, ce "petit train de Chamonix" qui est à l'aube d'une résurrection dont  je pourrais bientôt vous parler. Après le matériel roulant, la ligne elle-même entrera dans la modernité du 21ème siècle, c'est enfin pour demain et j'aurais la grande chance de vivre de près cet aboutissement ultime pour une ligne qui a bien faillit disparaitre dans les années 80 .... ce qui ne tue pas rends plus fort !



15/03/2010
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