Sur la voie du Mont-Blanc Express

2010.07.16 Déjà plus de six mois et première plantée !

Sept mois déjà !

Voilà déjà 7 mois, le 14 décembre 2009, que j'ai pris les commandes pour la première fois "à mon compte" et depuis plusieurs semaines je me dit : "Il faudrais que j'écrive un article ... la rubrique ne bouge pas beaucoup, ils vont croire que mes journées n'on rien d'intéressant" ! Disons que les journées de travail se suivent mais ne se ressembles pas. La saison creuse a aussi vu ses journées de réserve ou aide conducteurs, surtout pendant les travaux et l'interuption de ligne. Non les journées ne sont pas ennuyeuses, loin de là mais il est vrai qu'une "routine" toute relative s'est mise en place.

Malgré tout, rien n'est jamais pareil, rien n'est symétriquement identique d'une journée à l'autre, d'une tournée à l'autre. A prèsent le plaisir de conduire est total, complet, exit les éventuels incidents qui peuvent à tous moment venir vous gâcher la journée. Une certaine aisance à la conduite m'anime à présent et avec les beaux jours qui on tardé cette année, je découvre l'autre facette du Mont-Blanc Express. La neige qui s'estompe peu à peu sur les plus hauts sommet a laissé place aux fortes chaleurs, au soleil qui innonde les paysages merveilleux eux anssi trançandés par les rayons de l'astre roi. Les skieurs sont remplacés par la faune changeante et multiple de touristes de tous pays, les groupes de voyage de fin d'année scolaire, les tour opérator, les alpinistes, les traillers venu se frotter au cross de Chamonix ou s'entrainant pour d'autres courses de renomée, les grimpeurs et autres invétérés marcheurs des cimmes; mais aussi les vététistes, les simples voyageurs en transit entre la suisse et la France sans oublier les usagers habituels et habitués qui oublient parfois de s'emerveiller des paysages traversés, comme blasés d'un quotidien que d'autre filment ou photographient pour figer un moment de leur vie qu'ils ont peur d'oublier trop vite.

 

Rien n'est jamais pareil, même d'un aller-retour à l'autre, d'un bout de la journée à l'autre. Le paysage offre toujours quelque chose à découvrir, sans arrêt je scrute les abords, les forets traversées ou même les contrées plus éloignées qui m'entourent à perte de vue. Chaque hectomètre de la ligne offre un point de vu particulier et très précis. Parfois certaines images ne sont visibles que pendant quelque secondes entre deux sapins, entre deux chalets, suivant une orientation bien précise de la voie et autant dans un sens que dans l'autre. La lumière du soleil, les nuages ou d'autres ingrédients climatiques font qu'à chaque minute, chaque "pixel" du panorama du Mont-Blanc Express offre une version changeant de seconde en seconde. La nature elle-même propose régulièrement le jeu des 7 erreurs. Et je ne peut m'arrêter de contempler ces fresques géantes même au bout du troisième aller-retour ou de la quatrième journée de conduite.

 

Il faut aussi savoir forcer les variations sur le même thème ... manger dehors le soir à Vallorcine avec son ASCT un plat préparé en commun avec ingrédients du jardin tous frais, se balader à Chamonix tel un simple touriste pendant les coupures. Même les gens transportés présentent des aspects et des comportements différents d'un train à l'autre et j'adore m'imprenier de ce microcosme qui se fait et se défait au gré des arrêts en gare. Et toujours je sent derrière moi ou j'entend souvent les intérogations des tous jeunes, dans moins jeunes, connaiseurs ou néophites, les exclamations, les exaltations à découvrir par les vitres de la cabine les innombrables particularités de cette ligne et souvent de la conduite elle-même.

 

Lorsque je conduit j'ai toujours de belle phrases qui me passent en tête et malheureusement, peu m'en reste devant mon clavier pour vous les faire partager. La seule invitation valable pour bien me comprendre reste celle de vous voir un jour à bord de nos trains, véritables "remonte-pentes", liens inconditionnels entre les basses vallées et les sites de rendonnées alpines du massif du Mont-Blanc, vers les plus incroyables "téléphéériques", la belle ligne du Montenvers, les sentiers qui n'en peuvent plus d'être battus par les pas des marcheurs amoureux de la nature et des paysages diablement ennhivrants. Et au-delà vers les reliefs helvétiques et leurs attractions tels les gorges du Trient, les Marécottes, le barrage d'Emosson, la vertigineuse descente à 24 % et crémaillère vers Vernayaz et la vallée du Rhône sans oublier l'incournable Fondation Gianada autant que Martigny elle-même.

 

Tout peut arriver !

Avec l'augmentation de la fréquentation, la ligne s'expose aussi l'été aux affres de la chaleurs ou à l'utilisation à outrance des engins, souvent en Unité Mutiple de deux. Les incidents, comme en hiver, peuvent alors venir "casser" cette routine, ces journées sympa ou tout roule bien et paf ... l'incident qui bloque tout le monde, le branle-bas de combat, les retards et les gestions de crise ... le chemin de fer quoi !!!

Plusieurs conducteurs sont passés par ces "petites misères" du train-train quotidien. Pour les plus réçents, Xavier de retour de vacances en d'autres horizons azurés qui renoue un peu brutalement avec la nature alpestre, faute à un troupeau de vaches égarées dans le tunnel des Montets ... fumées, divagation de bestiaux, obstacle sur la voie et retour en arrière dans l'urgence ! Plusieurs cas d'école en Un !!! Avec en prime une excéllente gestion et prise en charge des clients par le conducteur et une contrôleuse qui s'est découvert un sang froids du tonner ... bravo à eux. L'autre jour c'est un autre collègue qui "perd" sa machine en sortie de gare d'Argentière en plein cagnard ... et une demande de secours en ligne. Là encore, gestion de crise à Chamonix et à St Gervais ou je suis sorti de ma réserve au cas où. Notre conductrice adorrée s'y colle pour aller chercher l'engin malade et s'en suit des complications techniques. Me voilà donc envoyé assurer tout d'abortd un train dépourvu de son conducteur au départ du Fayet jusqu'à Argentière où je récupère le "bébé". Me voilà seul avec deux agents du matériel dans ce paysage de soirée, agréable même si la situation reste aléatoire ... à quelle heure vais-je repartir de là ? Mais ils vont arranger cela assez vite. Retour vers St Gervais avec l'engin secouru et le secourant .... petite marche sans voyageurs et sans horaires de parcours, la Marche Indéterminée qui fait du bien de temps en temps, de la conduite pure sans le service commercial.

 

Et paf ... le frotteur !!!

Le lendemain à Chamonix, après une pause repas, me voilà reparti pour une montée à Vallorcine devant s'en suivre d'un retour vers St Gervais pour réintégrer mes foyers et m'activer à divers tâches en retard, monter la piscine, désherber le jardin, cueillir des cornichons énormes ou profiter de l'absence des enfants - en colo en Bretagne - pour refaire leurs chambres ... un beau programme que je pouvait presque toucher du doigt. Mais le N° de l'engin repris à Chamonix n'a pas éveillé mon inquiétude ... celui tombé en panne la veille ! Ca roule depuis tout à l'heure alors il n'y a pas de raison. La balade d'après-midi n'aura été que de courte durée et c'est à l'entrée de la gare des Tines que je me suis offert mon premier "vrai" incident technique majeur !! Franchissement du passage à niveau, arrivée à quai prêt à m'arrêter et "paf" ... à-coups, disjonction et arrêt d'urgence du train.

La suite se déroule très vite. Le courant n'y est plus et les portes sont tout de suite ouvertes pour éviter l'étouffement (les Z 800 n'ont qu'une ventillation classique). Alors que les premiers voyageurs descendent, le bruit et les étincelles que j'apperçoit en queue de rame me font dresser les poils sur les bras ... là c'est sûr, ça chauffe sur le troisième rail. Me voilà "carabo" pour de vrai ! Mon collègue Lionel qui m'attendait au croisement (retard pris à Chamonix) était aux premières loges pour assister aux feux d'artifices ferroviaires d'après 14 juillet, ordonnant la coupure d'urgence qui de toute façon avait été déclenchée sur toute la ligne arrêttant l'ensemble du trafic. Ca fait drôle de se dire qu'à cause de vous tout s'arrête, en pleine après-midi d'été. Le verdicte est vite avéré et d'un seul coup, la petite leçon d'intervention sur un frotteur avariés (sans pratique) des cours de formation me revient à l'esprit. Avec mon conscrit de formation qui de toute façon est bloqué comme moi en gare (consignation de l'alimentation électrique sur le secteur Chamonix - Argentière), nous voilà employés à démonter ce frotteur victime d'une rupture d'un de ses composants (une poignée de relavage). C'est de la grosse mécanique par 34 ° sur une traversée de voie en goudron bouillant.

 

Les voyageurs patientent, parfaitement bien informés et pris en charge par les deux contrôleurs des deux train. Bus et taxi sont commandés, d'autre voyageurs (ceux pour aller à Chamonix) patienterons vaillament. Un intervention que je n'aurais en tout cas pas voulu vivre, en tout cas pour la première fois, seul et pleine ligne ... mais un jour sait-on !!

Et pour ne rien faire en détail, l'incident a cousé encore d'autres soucis sur l'électronique de gestion qui ne me permettrons pas de rentrer vers St Gervais en suivant de près le collègue enfin libéré par le retour du courant. Nouvelle panne et cette fois, les agents du matériel sont invités à monter m'aider. Près de quatre heures après ce flash perturbateur, je suis enfin prêt à rentrer à la maison, là encore sans voyageurs et sans horaires. Entrée directement à la voie 11 du dépôt à 18 h 15 où l'engin sera immédiatement pris en charge pour réparation. Deux autres journées avec nuité à Chamonix s'annoncent .... avec incident ou pas ???

 

Des contrôleurs bien présents.

C'est l'heure du méa-culpa car si j'ai déjà évoqué certains agents, présents entre autre pour assurer au mieux le passage des train, notamment en hiver, il est une population de personnes qui représentent pour les conducteurs,une aide aussi précieuse en cas de problème qu'ils se font discrets lorsque tout va bien : les contrôleurs.

Pour la plupart, ils connaissent bien mieux la ligne et même les engins et leurs problèmes que la nouvelle génération de concucteurs que nous sommes (cessions 2009). Pour ma part j'ai déjà partagé avec mes ASCT divers événements, croustillants, stressants, déroutants mais aussi emprunts de bons moments épiques, drôles et caucasses. Et parfois les journées se passent simplement, en bonne entente. Et bien entendu, un train assuré sans eux n'est pas tout à fait pareil, on se sent vraiment seul et l'éventuelle "tuille" est un peu plus appréhendée.

Jusqu'à présent, chacun de mes pépins a eu lieu en cette très appréciable compagnie et leur aide à chaque fois a été profitable, m'assurant dans mon jeunisme à surmonter ces événements. Il va de soit que je dois ici même leur rendre hommage et saluer leur présence que tous aimerais voir se proroger le plus longtemps possible ... comme on dit : "à deux c'est quand même mieux" !

Lors de mon événement du 16 juillet, les réactions d'urgence et la procédure d'orientation et d'information auront été exemplaires alors que je me dépétrait avec mes étincelles. Chacun son métier, mais ils le font bien et c'est tant mieux.

 

Son sifflet n'a qu'un ton mais ... quel souffle !

On termine avec une photo qui me fait chaud au coeur : Mon Xavier qui n'aura pas eu la chance de nous croiser en ligne aux commandes des trains rouges et blancs. Mais au lieu d'un "manche" il a eu droit - et s'est offert avec succès - à la palette et le sifflet de Chef de Service. S'il ne conduit pas les trains, il les expédies , les aiguilles et serveil leurs voyageurs et nous gratifie de sa bonne humeur à chacun de nos passages en gare de Chamonix. Et les clients en ont tout autant de sa part ... alors photo et encore bravo Xavier !




16/07/2010
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