Sur la voie du Mont-Blanc Express

2012.01.30 Pontamafrey, une page se tourne en Savoie

C’était une spécialité savoyarde, mais pas de celle que l’on met dans son assiette, d’un genre plutôt ferroviaire. L’évitement de Pontamafrey va disparaître.

Connu de nombreux ferrovipathes, cette courte portion de voie ferrée est née des suites des crues boueuses de la Ravoire puis de l’Arc qui ont longtemps ponctué la vie de la commune.

 

Après l'arrivée du Chemin de fer sous Victor Emmanuel II de Savoie, le premier phénomène est intervenu dans la commune de Pontamafrey en 1903 et s’est suivit d’autres en 1909, 1914, 1924, 1930, 1931, 1948, 1952 et 1953. La gare détruite en 1909 avait été déplacée mais à nouveau détruite en 1924.
Mais c’est le 20 mai 1965 qu’une météo diluvienne engendre des inondations et des crues partout dans la vallée. La Ravoire en furie desend des montagnes chariant boues et rochers énormes. C’est sur 2 m de haut et 100 m de long que la double voie SNCF est obstruée par la boue. Les rails sont rapidement dégagés mais plusieurs coulées se font durant ce mois sans gêner les circulations.

Mais le 3 juin, une coulée haute de 3 m cette fois recouvre la ligne et termine dans l’Arc dont elle obstrue totalement le cours. Un bouchon se forme et l’Arc déborde, inondant tout sur son passage et la voie ferrée sur 500 m. Le trafic est stoppé jusqu’au 9 juin. Nouvel épisode d’éboulement le 1er juillet et les trains sont arrêtés jusqu’au 7 juillet. Répit très court puisque le 8 juillet une coulée de 4 m de haut et 220 m de long descend de la montagne. Tout reste à l’arrêt jusqu’au 23 juillet.

En août 1965, la SNCF décide de parer dans l’urgence à ces situations de blocages néfastes pour le trafic voyageur mais surtout des marchandises sur cet axe international où ce trafic est majeur.
L’évitement s’embranche de part et d’autre de la gare. A voie unique, il est du type VU Banalisée donc parcourable dans les deux sens. Sa construction est déjà considérée comme provisoire. La caténaire est soutenue  par des supports que l’on pourrait comparer à des balançoires. Ils sont associés à la voie ferrée et non fixés dans le sol puisque fixés sur des traverses longues.

Le tracé décrit un arc suivant un profile en « bosse » de forte déclivité. Ceci afin de s’écarter des rives de l’Arc et de monter sur les auteurs.

La déviation franchi un canal de drainage de la Ravoire à l’aide d’un pont relevable. Le pont est relevé lorsque l'évitement n'est pas utilisé pour ne pas être emporté par une crue. Il est encadré par deux signaux d’arrêt et n'est abaissé que pour le passage des trains en cas de mise en service de l'évitement. Si pendant cette période d'ouverture les capateurs détectent une montée des eaux, les signaux encadrant se ferment et le pont remonte pour laisser passer la boue dans le canal sans risquer d'être emporté.
De toute façon, l’ouverture de l’évitement est soumise à une procédure spécifique et il est parcouru à vitesse lente de 40 km/h. Un test était réalisé annuellement pour vérifier ses équipements et sa tenue.

Aujourd’hui il ne semble plus utile et son démantèlement a débuté le 2 février.
Pour l’actualité je vous propose de découvrir le chantier ici : Pontamafrey démontage

Pour l’histoire, je vous invite à naviguer dans les très bonnes pages du site Rail Savoie qui m’a aidé à glaner quelques infos historiques et vous pouvez y découvrir un reportage sur la déviation de Pontamaphrey : Evitement Pontamafrey Rail Savoie

 

Des vidéos très rares sont disponibles aussi sur cette page de Rail Savoie

 

 

 



29/01/2012
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