Sur la voie du Mont-Blanc Express

2012.09.06 Malgré le retard, le chantier avance bien

Au début du mois d'août, un tour d'horizon du chantier de modernisation de la ligne du Mont-Blanc Express laissait découvrir des travaux semblant relativement avancés mais bien loin du calendrier programmé. Entre Les Praz et La Joux, de part et d'autre de la gare des Tines la dépose de la voie n'en était qu'à l'extraction des traverses coté Chamonix, au démontage du troisième rail coté Argentière.

 

 

Sur la base travaux d'Argentière régnait une certaine effervescence avec de nombreux engins de chantier rail-route, un grumier destiné au transport des rails mais … toujours pas de locomotive et de wagons de travaux en vue.

 

Sur la portion Argentière – Montroc en revanche, plus rien n'existait de l'infrastructure. Une couche de balaste propre ayant déjà été étalée et des parpaing sur palettes attendaient sagement. Les éléments de petite taille qui constituaient la vieille voie (supports troisième rail, attaches de rail, tirefond etc) ont été rassemblés par famille de matériaux dans des bags de transport pour un traitement par recyclage. Les rails et traverses ont évacués directement vers la base travaux d'Argentière pour être récupérés ultérieurement par la société de recyclage Escoffier de Passy. Ce chantier affiche ainsi un label éco-responsable.

 

A Montroc rien ne semblait avoir bougé depuis fin juillet mis à part que les deux voies de gare avaient été complètement démontées.

 

Début septembre suivant, le travail semble bien plus avancé mais là encore, aucune voie n'est posée alors que cette opération était prévue pour le plein été. Cependant les choses vont bon train.

La voie a totalement disparu entre le Pk 21,700 et La Joux.

 

Le tirage de la fibre optique a commencé et se fait par enfouissement. Une incroyable trancheuse réalise à grande vitesse une tranchée dans la plateforme de 50 cm de large par 70 cm de profond à l'aide d'une roue bardée de dizaines de dents en diamant. A l'arrière l'équipe s'active avec une mini-pelle pour parfaire l'ouvrage, puis la fibre optique est déposée avant que ne soit rebouchée la tranchée. Une phase qui « avance » relativement vite.

 

Aux Tines, où le plateau de la gare a été décaissé très profondément, seule l'aiguille coté Chamonix est restée en place.

 


Plus haut en sortie des Tines, des camions viennent approvisionner des dizaines de bags remplis de ballast.

Ils seront acheminés tout au long du tracé par un engin, là où aucun accès routier n'existe entre Les Tines et La Joux. Chaque bag sera ensuite répandu sur la plateforme pour réaliser la sous-couche.

 

A la Joux juste avant la fin du premier tronçon rénové, l'évacuation des déchets (traverses, ferraille etc) est encore en cours ainsi que le dégarnissage de la voie.


 

 

 

 

 

 

 

 

 

Plus haut à Argentière, le véritable travail de chantier de pose s'organise déjà mieux car une première locomotive est arrivée fin août sur un camion et déchargée par deux grues routières de 50 t.

C'est un petit engin venu d'Italie avec son personnel de conduite. Une ribambelle de petits wagons plats à essieux est également enfin disponible. Des parcours à vides ont permis une semaine durant de former l'équipe de conduite au parcours et les agents de voie aux procédures de sécurité inhérentes.

 

 

 

 

(Photo Philippe Lacourtiade)

Ce premier train assure donc l'acheminement des rails depuis la base travaux d'Argentière. Ils sont livrés en barres de 36 m. Il s'agit de U36 E légèrement différent du U 36 classique.

 

 

Les rails sont emmenés en quelques minutes à la base avancée de La Joux. Un rail-route et le grumier y déchargent le rails. Ceux-ci seront ensuite « tirés » en bordure plateforme tout le long du parcours par un engin sur pneus.

 

Les rails usagés de roulement ou du 3ème rail seront évacués ultérieurement par voie ferrée jusqu'à Argentière, une opération on le comprend bien moins urgente.

La suite des opérations consistera à venir poser les traverses, puis les rails dessus et enfin les nouveaux caniveaux. C'est seulement une fois la voie assemblée que l'enrobage de balaste sera effectué, certainement par un train de balastage.

 

A l'heure où ces lignes sont écrites, une seconde locomotive était toujours attendue mi-septembre, également en arrivage d'Italie. Un engin diesel type C à bielles apte à travailler dans les déclivités de 70/1000. Une bourreuse est également toujours prévue.

 

Une absence était cependant remarquée sur le chantier … celle des traverses métalliques qui sont pourtant à la base de la phase immédiate à venir du chantier après le ripage des rails sur le parcours … et l'hiver s'annonce précoce !

 

En tout état de cause, la décision a été prise d'ouvrir la voie ferrée jusqu'à Montroc dès le 8 décembre 2012 jusqu'au 1er avril 2013. L'exploitation se fera encore par le système ECLAIR car la mise en service du bloc automatique ne se fera qu'à la fin complète des travaux pour éviter une superposition des deux systèmes.

Coté Vallorcine, une solution technique temporaire a été trouvée pour que les TMR puissent à nouveau venir avec leurs trains depuis le Châtelard frontière.

Enfin, des autocars de substitution assureront des liaisons entre Argentière et Vallorcine en correspondance avec les trains dans ces deux gares.




14/09/2012
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