Sur la voie du Mont-Blanc Express

2012.12.15 Noël se fera sans le train à Argentière

Au pays de l'or blanc, un hiver qui commence avant l'ouverture des stations est une très bonne chose. Mais pour le coup les importantes chutes de neige qui ont marqué ce début décembre auraient volontier été attendues un peu plus tard par les acteurs économiques et du monde du transport. La couche épaisse qui s'est déposée en vallée de Chamonix plusieurs jours durant est un rêve blanc qui était la bête noire des maître d'ouvrage du chantier de modernisation du Mont-Blanc ; et les craintes d'hier sont réalité aujourd'hui : les trains ne monterons pas à Argentière le 21 décembre comme prévu.

 

De réunion de concertation en téléconférence, les principaux protagonistes de l'organisation des transports en sont arrivés à cette conclusion mercredi 12 décembre.

En cause : l'impossibilité de finaliser la visite technique de la ligne entre Les Praz et Argentière (La Joux). Une condition sine-qua-non pour que l'exploitant SNCF puisse engager en toute sécurité des marches d'essais à vide puis les circulations commerciales.

Si la restitution de ligne ne peut être faite par RFF, la SNCF ne peut pas exploiter. Un principe de sécurité incontournable qui bloque la situation autant que la neige. Et pour couronner le tout, faute de validation technique de fin de travaux, même le chasse-neige de la SNCF ne peut pas être envoyé à Argentière pour dégager la voie.

 

 

En cause, le retard du lancement des travaux de renouvellement qui a décalé d'autant les procédures de finalisation du chantier malgré les efforts de l'entreprise maître d'ouvrage (Société Maïa Rail et Inéo) pour terminer les travaux de voie au plus vite avant le début décembre. La livraison très tardive des traverses métallique spécifiques fabriquées sur mesure a également plombé encore plus le retard pris.

 

Ca n'aura pas échappé à ceux qui ont pris la route entre Les Tines et Argentière, une armée d'ouvriers du chantier a assuré ces derniers jours un déneigement manuel de la voie.

Car si la date du 21 décembre ne pourra pas être tenue, il convient qu'une solution devra être trouvée sans attendre la fin de l'hiver. Cette situation ne satisfait de toute façon personne, autant les transporteurs que les usagers. Mais la situation en est là et le problème reste entier.

Car on le sait dans la vallée, une fois posée au sol, la neige peut rester en place tout l'hiver au-delà des Tines vers les hauteurs. On en arriverait presque à souhaiter un « monstre » redoux pluvieux jusqu'à 1400 m, souhait presque exaucé à l'heure où ces lignes sont écrites puisque la pluie a fait son retour jusqu'à 900 m voir plus haut encore mais avec encore de la neige au-dessus.

 

Dans un premier temps, ce sont les vacanciers de Noël qui seront privés du train au-delà de Chamonix et devront composer avec les autocars de substitution. L'idée de rouvrir à la fin janvier reste d'actualité même si aucun délais précis n'est avancé ni par RFF ni par la SNCF, mais rien n'est moins sûr. C'est un souhait ferme mais les choses ne sont pas simples pour y parvenir car même les bonnes volontés ne peuvent effacer les règles primordiales de sécurité et les protocoles.

Il faut savoir qu'une fois la voie restituée à la SNCF après validation des installations (état des lieux de sortie en quelque sorte), il faudra encore deux semaines au techniciens de la SNCF pour rétablir les nombreuses installations au sol et vérifier la continuité de tous les réseaux de communication et d'alimentation en énergie entre Chamonix et Argentière.

 

On peut avoir entendu ci et là que les trains iraient au moins aux Tines. Un vœux qui aurait été émis par la préfecture histoire de gagner un peu sur le retard. Idée louable si elle ne se heurtait pas à une inadaptation de la gare des Tines au transfère modale qui n'est à démontrer pour personne. Les bus s'y arrêtent en bord de route et dans le sens de la montée les voyageurs et skieurs devront se transborder avec skis et bagages en traversant la route départemental dans une zone de circulation routière très dense et avec une visibilité réduite en sortie de virage pour les voitures arrivant de Chamonix. Autant dire que ce n'est pas la panacée en terme de sécurité et encore moins en période neigeuse ou les trottoirs deviennent des murs de neige.

 

C'est donc le pire scénario qui est en train de s'écrire pour la fin de cette première phase des travaux de modernisation du Mont-Blanc Express. Sur le terrain tous les moyens sont mis en œuvre pour trouver des solutions rapides sans pour autant déroger aux procédures administratives et sécuritaires qui doivent rester intègres.

Coté service, les bus restent donc en place entre Chamonix et Vallorcine. Un plan de transport adapté est programmé pour compenser au mieux l'augmentation du besoin capacitaire lors des vacances de Noël.

 

Si on devait tirer un point positif de cette situation, c'est l'émoi provoqué par l'absence du train dans la partie haute de la vallée qui prouve d'une part l'attachement de la population à la ligne, d'autre part la réelle vocation du train à assurer un lien sûr et efficace dans la vallée. La solution routière temporaire reste une solution mal vécue par les usagers et la population ce qui plaide en la faveur d'un service fer amélioré. C'est bien le but de ces travaux, tant attendus mais au combien douloureux dans leur exécution. Il paraît qu'il faut souffrir pour être belle. Un mauvais moment à passer pour cette belle ligne et pour les usagers ainsique les les cheminots du Mont-Blanc Express qui n'en apprécieront que plus les bienfaits dans quelques années en relatant ironiquement cette période devant un chocolat chaud ou devant un bon plat montagnard.



15/12/2012
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